Changer l’absent en présent Processus de groupe dans un public de femmes âgées ayant vécu l’Holocauste ou la guerre

Publié en automne 2015
par Brosh Palmoni Batya

Soixante-cinq ans après l’Holocauste, un groupe de femmes, survivantes de l’Holocauste, se battent pour retrouver ce qui semble perdu : la capacité d’éprouver un certain soulagement ou un répit de leur énorme douleur. L’article évoque une série d’histoires indicibles issues chacune d’un rêve de réminiscence de destruction. De souvenir en souvenir, tout au long du processus, les membres du groupe de partage de rêves cherchent à reconstruire leur capacité à tenir ensemble l’abject et le sublime. Le travail consiste en une approche symbolique, chacune des participantes travaillant le rêve pour elle-même. L’image qui s’ouvre permet une discussion large et libre concernant les traumatismes du passé et les situations provoquant la peur, que le groupe place dans un refuge sûr. Ainsi, les participantes élargissent leur prise de conscience, restaurent un sentiment de solidarité primitive, la solidarité avec les autres, et réparent l’enveloppe psychique. Dans le groupe de rêves, une nouvelle peau se tisse, qui permet de plonger dans les profondeurs archétypales et mythologiques.

Brosh Palmoni Batya

Batya Brosh Palmoni est analyste jungienne depuis plus de 20 ans. Elle est membre du comité exécutif de l’IAAP et de la commission formation. À l’Institut de psychologie jungienne d’Israël (IIJP), elle est superviseuse et conférencière, après avoir été secrétaire honoraire et avoir participé au Comité de formation. Elle exerce maintenant en libéral, après avoir travaillé également, pendant plus de 30 ans, dans une clinique de santé mentale publique.
Ces trois dernières années, elle a assuré la fonction de superviseur et conférencière pour le Developing Group de Kiev. Particulièrement intéressée par les groupes de travail sur les rêves, elle a présenté certains de ses travaux dans plusieurs congrès (IAAP à Montréal, congrès Cultures, conflits, créativité à Londres, Congrès international sur les groupes analytiques).
Ses origines multiculturelles – Europe centrale et Maroc – et son enfance dans le Néguev lui ont beaucoup servie. Elle a contribué activement, avec son mari, à établir un centre public de santé mentale à la forte orientation jungienne dans un Kibboutz en Galilée.

Discussion

Cette prudence face à la compulsion documentaire photographique s’est par ailleurs muée en véritable polémique entre Gérard Wajcman et Georges Didi-Huberman à propos d’images prises clandestinement par des Sonderkommando dans le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz. Un des clichés montre, pour reprendre la description exacte de Didi-Huberman, « des détenus envoyés à la chambre à gaz » tandis qu’un autre « représente l’un des bûchers en plein air où l’on brûle les cadavres ». Les positions respectives des protagonistes lors de ce débat ont révélé que la photographie cristallisait encore au début du vingt-et-unième siècle des tensions très vives au sujet de la capacité de la photographie à représenter le réel et à documenter l’Histoire. Le débat a également bien montré les contradictions qui écartèlent le spectateur face à l’impossible représentation exacte du réel et l’arrogante mimesis photographique. Georges Didi-Huberman analyse ainsi la position d’Élisabeth Pagnoux et Gérard Wajcman : « Les images selon [eux] ne nous apprennent rien et, pire, nous attirent dans ce mensonge généralisé qu’est la croyance ». Dans “Esthétique des mythologies individuelles Le dispositif photographique de Nadja à Sophie Calle”
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